Et si nous arrêtions de faire cuire nos aliments ?

Les éditions Albin Michel publient un livre en forme de plaidoyer une nouvelle alimentation. Plutôt étonnant.
Ex-épouse de Claude Lelouch – d’où le l accolé à son prénom – l’ancienne comédienne est devenue l’une des grandes défenderesses, un « raw chef » qui n’en est pas à son premier essai en la matière. Et qui, outre des informations, nous donne ici des recettes. Crues, bien entendu.

 

À la lumière de la science…

 

L’alimentation et la cuisine, de même que l’art culinaire, ont considérablement évolué ces soixante dernières années, contrairement à notre système digestif qui depuis 5 millions d’années, est resté le même. Aujourd’hui, les aliments transformés, raffinés et cuits que nous consommons provoquent une perte d’énergie, déséquilibrent notre flore intestinale et sont néfastes pour notre santé.

Nous ingérons des aliments terriblement difficiles à digérer, pour lesquels nous ne sommes pas programmés. Ces aliments transformés, raffinés, cuits et absorbés en excès nous demandent presque autant d’énergie, si ce n’est plus, pour être digérés qu’ils ne nous en apportent. En découlent d’une part, la nécessité de rebooster notre système à renfort de café, excitants, sucres, compléments alimentaires voire anabolisants pour la digestion, l’évacuation, l’élimination et protéger l’estomac, et d’autre part la suralimentation, les problèmes de surcharge pondérale et l’obésité, qui sont en constante augmentation. Il y a une explication : nous mangeons plus pour tenter de fournir à notre organisme ce dont il a besoin, mais aggravons notre déficit nutritionnel en le surchargeant de nourriture « vide » qui ne contient plus de nutriments essentiels à la restauration de notre énergie. C’est en partie la cause de la surcharge pondérale qui préoccupe la plupart d’entre nous. Un quart de notre énergie est « normalement » consacrée à la digestion, à la gestion et à la l’alimentation des nutriments, puis à l’élimination des déchets. Lorsque nous mangeons mal, cet équilibre est rompu, au point où la nourriture nous prend plus d’énergie qu’il ne nous en apporte. Sur une terre de ressources et d’abondance, c’est difficile à admettre. Il ne tient qu’à nous de rétablir cet équilibre.

En mangeant cru, nous économisons cette énergie. Certains pensent qu’à l’inverse, digérer des aliments crus est difficile et irritant pour l’organisme. Il est bien possible que pour un organisme habitué à manger des pâtes, du pain et des laitages, manger des fruits et légumes crus puisse contrarier sa routine par trop de fraîcheur, de vivacité, et de provoquer des réactions dépuratives parfois violentes. La nourriture crue contient des fibres cuites, inertes et collantes ne font pas ce travail. Au contraire, elles encrassent nos précieuses parois responsables de la transmission des nutriments dans le sang. D’où la sensation d’être irrité par la nourriture crue quand on l’aborde sans y être habitué. Les gaz sont souvent ceux provoqués par l’élimination des déchets et sont, en période de détox, les derniers cris d’un organisme qui se nettoie, se détoxifie, se purifie.

Il y a aussi des personnes qui n’aiment pas manger des légumes et des fruits crus, à qui cela ne « réussit » pas. Il faut bien entendu le respecter et se tourner dans ce cas vers des légumes cuits à la vapeur douce, à l’aide du vitaliseur de Marion Kaplan par exemple.

Avant de faire le tour des méfiants engendrés par la cuisson, comprenons mieux comment nous digérons et surtout, assimilons ou pas ce nous ingérons.

 

Les méfaits de la cuisson sur la santé

 

La cuisson est tellement ancrée dans nos traditions qu’il est difficile de la remettre en cause. Quoi de plus naturel et vieux comme le monde qu’une bonne grillade aux feux de bois ? Ces barbecues si romantiques et conviviaux produisent des hydrauliques aromatiques polycycliques à partir du gras de la viande, des substances hautement toxiques que nous devrions bannir radicalement de notre alimentation.

Mais j’entends déjà les protestations : « C’est tellement bon et ça se fait depuis toujours ! » Que dire à cela ? Que la bêtise et l’ignorance existent depuis toujours. Sont-elles pour autant légitimes ? Cuire serait donc toxique ?  » Mais depuis le temps, ça se saurait !» entends-je souvent. Eh bien, justement. Le jour se lève enfin sur des pratiques que la pratique à elle seule ne préserve pas de la toxicité. Et cela commence à se savoir. (…)

La Provence 25 Mars 2018